Moustique Tigre Aedes albopictus au niveau des Alpes-Maritimes et le virus chikungunya dans le monde : actualité 2010 |
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Une synthèse sur cette actualité par Pascal DELAUNAY, Entomologiste médical au laboratoire Parasitologie-Mycologie, CHU de Nice et référent auprès de la Direction Générale de la Santé.
Contribution photographique: IRD, F. Schaffner, EID-CG06, CDC Atlanta, P. Delaunay
Le moustique Aedes albopictus est présent dans les Alpes-Maritimes de puis août 2004
Il n’existe aucun cas autochtone de chikungunya ou dengue en France métropolitaine.
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Le Moustique tigre ou Aedes albopictus
Contrairement aux « Culex » et « Anopheles », l’« Aedes » pique en journée.

Ce moustique tigre ou Aedes albopictus
- pique durant le jour principalement le matin et le soir
- pique préférentiellement à l’extérieur
- est un moustique urbain et semi-urbain
- se développe dans des petits réceptacles d’eaux stagnantes
L’Aedes albopictus aime particulièrement les lieux chauds, sombres, les pneus abandonnés par exemple.
Sa distribution au niveau mondial et européen (12 pays) a beaucoup évolué depuis 10 ans, favorisée par les transports.
Actuellement, il est retrouvé au niveau des Alpes Maritimes sur toute la bande cotière et le moyen pays.
Le Virus
A ne pas confondre avec le moustique, le virus chikungunya a été pour la 1ère fois isolé en Ouganda en 1953, puis a été endémique en Afrique, Inde et Asie du Sud Est. Depuis 2005, des épidémies sont notées dans l’Océan Indien, en Inde en Asie du Sud-Est et dans certains pays d’Afrique.
http://www.invs.sante.fr/surveillance/chikungunya/default.htm
Au niveau de l’Ile de la Réunion en 2005-2006, le chikungunya a représenté 266 000 cas et 246 hospitalisations en service de réanimation. En Italie, une épidémie a eu lieu en 2007 dans la région Romagna (249 cas).
La Clinique
Seules 10 % des personnes atteintes du « Chik » sont asymptomatiques. Il existe une période d’incubation silencieuse de 2 à 8 jours, puis apparaissent les 1ers signes : fièvres, céphalées, arthralgies, oedèmes, éruptions cutanées, prurits. Est alors observé « une marche courbée ». Quelque soit la durée de la symptomatologie, la virémie est de l’ordre de 5 à 7 jours.
Le Traitement
Il n’existe pas aujourd’hui de traitement spécifique. Une fiche conseil à été rédigée par l’INPES : http://www.inpes.sante.fr/. Le principe de prise en charge repose sur la surveillance et le traitement symptomatique : repos, hydratation, antalgique (paracétamol)… L’action complémentaire et essentielle est la prophylaxie : la lutte contre le vecteur que représente le moustique (suppression des eaux stagnantes).
Les Méthodes de Prévention contre les moustiques dans les Alpes-Maritimes

Tuer les larves c’est supprimer ou assécher tous les points susceptibles d’accueillir les larves de moustiques

Si l’élimination mécanique des gîtes larvaires est impossible
Le Conseil Général des Alpes Maritimes a mis en service un numéro vert gratuit et accessible à tous :
0 800 740 606 .

L’organisme mettant en œuvre une désinsectisation est l’Entente Interdépartementale de Démoustication (EID Méditerranée).
http://www.eid-med.org
Eviter la piqûre nécessite une triple approche : mécanique, imprégnation de tissu et répulsif
- Protection mécanique : vestimentaire (vêtements longs et amples) et associée à une climatisation ou une ventilation
- Protection moustiquaire imprégnée
- Protection par répulsifs cutanés
Quels Répulsifs utiliser ?
Les répulsifs devront suivre une réglementation de « type médicament » vers 2009-2010.
Il existe 4 molécules de répulsifs reconnus comme efficaces : DEET, 35/35 ou IR35/35, KBR3023 ou Icaridine et Citridiol
www.ordre.pharmacien.fr/upload/Syntheses/108.pdf
- Le DEET est contre indiqué chez la femme enceinte mais peut s’utiliser dès l’âge de 30 mois à la concentration maxi de 35%. Cependant, en France, la Haute Commission de Santé Publique informe que le CDC des Etats Unis utilise ce DEET dès l’age de 2 mois à cette même concentration.
- Les répulsifs à base de 35/35 sont utilisables chez la femme enceinte, et chez l’enfant de 30 mois à la concentration maximale de 35%.
- Les répulsifs à base de KBR3023 sont utilisables chez l’enfant de 30 mois à la concentration maximale de 30%.
- Les répulsifs à base de citridiol sont utilisables chez l’enfant de 30 mois à la concentration maximale de 50%.
Les diffuseurs électriques d’insecticide sont efficaces et sont le plus souvent à base de perméthrine ou un de ses dérivés.
Les spirales incandescentes sont efficaces mais ne s’utilisent quand milieu extérieur.
En cas de suspicion de chikungunya ou de dengue
Au niveau national
La circulaire N°DGS/DUS/RI1/2008/138 du 17 avril 2008 (http://www.invs.sante.fr/surveillance/chikungunya/circulaire_chik_dengue_170408.pdf) fixe les modalités de mise en oeuvre du plan anti-dissémination du chikungunya et de la dengue en métropole.
Différents niveaux ont été déterminés :
| Niveau albopictus 0 |
- absence d’Aedes albopictus
- présence contrôlée (observation d’introduction suivie de traitement puis d’une élimination ou d’une non prolifération du moustique)
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| Niveau albopictus 1 |
Aedes albopictus implantés et actifs
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| Niveau albopictus 2 |
Aedes albopictus implantés et actifs et présence d’un cas humain autochtone confirmé de transmission vectorielle de chikungunya ou dengue
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| Niveau albopictus 3 |
Aedes albopictus implantés et actifs et présence d’un foyer de cas humains autochtones (Définition de foyer : au moins 2 cas groupés dans le temps et l’espace)
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| Niveau albopictus 4 |
Aedes albopictus implantés et actifs et présence de plusieurs foyers de cas humains autochtones (foyers distincts sans lien épidémiologique ni géographique entre eux)
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| Niveau albopictus 5 |
Aedes albopictus implantés et actifs et épidémie
- répartition diffuse de cas humains autochtones sans foyers individualisés
- épidémie sur une zone élargie avec un taux d’attaque élevé qui dépasse les capacités de surveillance épidémiologique et entomologique mises en place pour les niveaux antérieurs et nécessite une adaptation des modalités de surveillance et d’action.
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